Reveillon 2007 - Saïd

Publié le par L'éLément N

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31.12.2007
23h30. Gare de Rabat ville

Le train s'arrête. Je rentre enfin chez moi. Rabat est lumières. C'est le nouvel an. L'avenue est pleine à craquer de monde sorti pour l'occasion. Et il était là. Gisant sur un banc. mal rasé, mal vetu. Au coeur des festivités, sans faire partie de la fête. Un figurant dans cette immense pièce de théâtre que l'on nomme la Vie. Sa3id, ne portait pas bien son nom.

Dehors, mais chez lui, il habite dans la rue. Se refugiant dans son coeur parce qu'il ne trouvait désormais plus de place dans le coeur des hommes. Un coeur las de cette vie qui ne veut plus de lui. Un coeur qui a eu son lot de solitude, de tristesse, de colère, de haine. Toutes ont laissé la place au desespoir dans un coeur qui ne veut plus se battre, trop faible et mourrant, qui aimerait qu'on l'abatte.

Ce n'est pas de ma faute ! Mais ce n'est pas de sa faute non plus. Il s'est résigné à accepter son sort. Dans le silence de notre solidarité. Il vit désormais discrètement dans la cellule de sa souffrance. Seul, entre les hommes, devant Dieu. De banc en banc, rasant les murs de notre indifference.

Il faut croire que la vie est un manège où les hommes - ces grands enfants - ne cherchent plus qu'à s'amuser. Amusement capricieux. Egoïsme d'enfants.

Vous êtes dans le tort, réagissez !! ne voyez-vous pas qu'il est mort ?
Là sur le banc. On peut y lire, gravé à jamais : " Un homme a vécu ici ... qui l'a aimé ? "

Certains appellent ça la poisse, d'autres appellent ça la Vie.
Reveillon 2007, reveillons nous.

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