Bac à lauréats 2008

Publié le par L'éLément N

Bonsoir,

Aujourd'hui ont débuté les épreuves du Baccalauréat 2008 dans notre serein Royaume. Le Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieures, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique (Ouf!), mécontent des 39,1% de réussite l'an dernier, a mis en place cette année de nouvelles réformes, reflet de l'intelligence de ses experts. Ainsi, les candidats surveillés jusque là par leurs propres enseignants (qui ferment l'oeil souvent) le seront désormais par des instituteurs venus d'autres établissementx, pour garantir une meilleure crédibilité des résultats. Aussi, des détecteurs de téléphones portables allumés seront utilisés pour dissuader les adeptes de l'option "al itisal bi sadi9". Nos dirigeants, conscients que la réussite de 39,1% nous la devons en partie à la tricherie passée sous silence, espèrent augmenter ce pourcentage en réduisant la fraude. Chapeau.

Je n'encourage nullement la fraude, mais pourquoi insistons-nous sur les mesures sécuritaires et délaissons le véritable fond du problème ? Le Baccalauréat au Maroc, comme toute chose chez nous, est soumis aux lois du marché : il s'achète et se vend (nul besoin de rappeler la fuite des épreuves en 2006 à Meknès). Le budget réservé au secteur de l'Education ne représente que 1,4% du budget général de l'Etat. L'état des locaux est exécrable, les élèves se disputent des bouts de bois servant comme tables dans des classes surpeuplées où la communication entre l'instituteur et l'élève devient impossible. Rareté des centres de documentation qui pourraient accompagner les élèves dans leurs recherches. Des programmes trop longs, ennuyeux et ininteressants (l'économie du Mozambique). Des enseignants mal formés, sous payés (et donc non motivés) qui doivent aller vite pour venir à bout d'un bout du programme aux dépens de la qualité des cours. Des parents occupés, absents de la sphère d'éducation de leurs enfants et loin de l'administration de l'école. Des élèves de plus en plus distraits par les loisirs au détriment de leurs études ... Mais il est normal que nos "experts" n'aient aucune idée de ces problèmes du secteur public vu que leurs enfants sont inscrits dans les écoles privées ou étrangères.


Baccalauréat;  bac à lauréas;  BAC .. Allo, Réa ? Au secouuuurs !



Et c'est pour aujourd'hui.
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