La faim de l'enigme

Publié le par L'éLément N

3ème jour de Ramadan, et déjà je commence à avoir faim ! vers 13 heures environ; les provisions du sou7our semblaient être épuisées... puisque j'ai eu faim ! En fait c'est ce qu'on appelle " l'horloge interne " : quand on habitue notre corps à certaines pratiques à des moments précis de la journée, à la longue vous n'avez plus besoin de montre, vous pouvez vous fier à cette horloge interne ! votre corps se manifeste de lui-même, réclamant ce que vous lui avez longtemps habitué. J'ai pris l'habitude de manger vers le coup de 13 heures tout au long de l'année, je peux actuellement affirmer qu'il est environ 13 heures quand je ressent cette faim !

La faim ... ce mot - ou plutot cette chose, parce qu'il ne s'agit pas d'un simple sentiment mais bien d'une douleur ... qui rend les hommes si feroces ! Elle est l'expression d'un besoin et donc d'un manque.

Vous en avez surement payer les frais, un jour ou l'autre, comme tout mammifère bifide que nous sommes. Mais le pire ce n'est pas d'avoir faim, mais plutôt de ne pas le savoir ...

Ne pas savoir qu'on a faim. Bizzare ? pas tellement ! Parce que la faim ne se présente pas sous une seule forme ... combien ont la richesse sur la table à manger mais la famine dans le coeur ? .. en voilà une autre faim, un autre manque.

Vous l'avez surement constaté : Le monde ne tourne plus rond … Les astrologues prévoient un changement de sens de rotation de la planète; sans être un specialiste chevronné, je pense que l'explication est simple: avec autant de cerveaux à la surface de la terre qui marchent à l'envers, il ne faut pas s'etonner que leurs prévisions soient justes!
C’est un monde où l’école abêtit, la justice crée l’injustice, l’économie appauvrit… Le sens a déserté notre époque pour être remplacé par des procédés, des processus... des procédures. On a voulu tout systématiser, mécaniser, informatiser : C'est la forme qui a supplanté le fond.

En 2000, 815.000 personnes se sont suicidées dans le Monde, soit un suicide toute les 40 secondes (OMS), la très grande majorité vivait largement au dessus du seuil de l'acceptable ... la plupart souffrait, sans arriver à définir de quoi exactement, mais ce qui était sûr c'est qu'il s'agissait d'un malaise, d'un besoin, ressenti au niveau du fond et non au niveau de la forme.

Une autre faim! Un manque mais d'un autre calibre, elle est pire que la faim organique, décrite au tout début, car celle là est d'ordre spirituel et fait de ses victimes des morts-vivants qui finissent par mettre eux-même un terme à leur existence, affamés... Tout comme l'autre faim, on ne la supprime pas en ôtant l'estomac (ce n'est pas viable !) mais en lui donnant à manger : nier son existence ne nous fera pas atteindre la satiété. De cette faim, il faut prendre la mesure, l'individualiser et bien la définir.

il est important de bien tout définir, car on peut rater sa vie .. à cause d'un seul mot.

De plus en plus de gens se plaignent qu'il leur manque "quelque chose"... Bien sûr, il leur manque quelque chose, mais ils ne savent pas quoi, et tentent désperément de combler ce "manque" par de nouvelles acquisitions materielles ou par des experiences nouvelles : Des vacances, un voyage, des sorties, des rencontres, une nouvelle liaison amoureuse, un changement de profession...
Mais hélas celà s'avère inutile, voire aggrave la situation initiale. Ce dont ces personnes ont besoin n'est pas de l'ordre du materiel, mais du domaine de l'Âme, qui reclame - au même titre que le corps - sa nourriture. Mais comme ils n'ont qu'une idée très vague de l'âme, face à cette réclamation, ce manque, ils essaient plutôt de satisfaire le corps, le coeur ou l'intellect.
Or, la nourriture du corps, du coeur ou de l'intellect ne peut pas rassasier l'âme. L'âme a faim et soif de l'infini et de l'éternité... de Dieu ! Tant que les humains ne sauront pas donner l'infini à leur âme et l'éternité à leur esprit, au fond d'eux-mêmes ils resteront d' "éternels" insatisfaits et mourront affamés.

Le corps, ce n'est pas tout ! même si le diktat de l'apparence fait fureur de nos jours, nous poussant jusqu'à juger les gens à leur façon de se vêtir, leur poids, leur physique .. on entretient de nos jours un véritable culte de l'image !

mais le corps, ce n'est rien.. c'est ce qu'il renferme qui compte ... au fond. " L'emballage n'est pas le cadeau ! " comme disait si bien mr. Nintenan.

Toutes les personnes que nous rencontrons sont des cadeaux, certaines nous sont présentées dans des emballages qui laissent à désirer, d'autres au contraire sont très bien emballées, pendant que d'autres encore sont enveloppées dans du papier très ordinaire, alors que d'autres ont été malmenées par la poste ... les aléas de la vie.

Mais l'emballage n'est pas le cadeau ... beaucoup se trompent. Le cadeau est à l'interieur de l'emballage. Parfois certains cadeaux sont difficiles à ouvrir, se séparent difficilement de leur emballage, le plus souvent par peur... peur de se dé-couvrir, peut être parce qu'il ont déjà été ouverts auparavent et qu'il ont été rejetés ...

Nous sommes tous des cadeaux, et avant de l'être pour les autres nous le sommes d'abord pour nous-même... avons-nous regardé à l'interieur de notre emballage, ou en avons-nous peur ? .. peut être que nous nous sommes jamais accepté comme un cadeau, parce qu'on manque d'estime pour ce qu'on est ...

Il serait incensé de juger un cadeau sur son emballage .. pourtant on le fait si souvent .. trop souvent. De plus,il y a de moins en moins de personnes qui prennent la peine d'aller chercher au-delà de l'emballage, peu de mains généreuses, humbles, confiantes, heureuses et amoureuses, qui se dé-couvrent à elles-mêmes et aux autres et aident ces autres à se dé-couvrir à leur tour... à ce voir tel qu'ils sont en réalité, au fond.

Jours et nuits, on s'occupe des besoins de notre corps. Or, ce corps n'est que notre monture... la nourriture du cheval n'est pas celle de son cavalier! Ce dernier a son sommeil, sa nourriture et son bien-être propres.
Mais les caractéristiques animales et bestiales l'emportent le plus souvent sur nous - c'est l'Enigme eternelle : est ce l'homme le maître du chien, ou le chien le maître de l'homme ? - Alors notre monture nous guide et on la suis... de râtelier en râtelier de chevaux: jusqu'à en oublier notre rang de chevalier dans la cour des souverains et émirs ...
Notre âme est bien là; mais, puisque notre corps domine, on en est restés captifs et on s'y est soumis.

De même "Majnoun", qui avait l'intention de rendre visite à "Layla", décida de s'y rendre sur son chameau... Lorsqu'il avait toute sa tête,il poussait son chameau vers sa bien-aimée. Mais lorsqu'il était absorbé par la pensée de "Layla", il s'oubliait... oubliait et sa propre personne et son chameau.
Le chameau, ayant laissé sa progéniture dans le village de "Majnoun", profitait de ces instants d'inconscience de son maître pour revenir sur ses pas... Quand "Majnoun" retrouvait sa lucidité, il s'apercevait qu'il avait rebroussé chemin sur une distance de deux journées !
Ainsi le voyage dura trois mois... Enfin, il s'écria: "Ce chameau est pour moi une calamité!"... Il descendit de sa monture et décida de continuer à pieds.

A l'image de "Majnoun" et son chameau, il faut savoir que les désirs de notre âme (cavalier), et ceux de notre corps (notre monture) sont souvent opposés... voilà pourquoi pour beaucoup l'Enigme n'aura jamais de solution, jamais de fin. Mais il est à noter que lorsque l'homme est bon cavalier, on ne parle plus de "domination" mais plutôt de "complémentarité" et de "coopération" : le cheval devine et execute avant même que l'homme ordonne... par contre si la monture est mal traitée ou négligée par son maître, elle ne lui obéira pas et se montrera de plus en plus capricieuse.


En ce mois de Ramadan, où nous descendons tous de notre monture et cessons de la servir du lever au coucher de soleil, comprendra-t-on enfin que nous sommes le cavalier et non la bête, et que la source de nos maux est qu'on nourrit la monture en négligeant son cavalier... En ce mois de Spiritualité où s'epanouissent les âmes, l'Enigme arrivera-t-elle à sa faim ?

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Z alias TEM 09/01/2007 16:34

le corps, ce n'est rien.. c'est ce qu'il renferme qui compte: j'aime bien cette phrase.
J'ai remarqué que ds un bon nombre de tes textes, tu essayes d'inciter les gens à éduquer leur « nafss » et à nourrir leur ame! Ce sont des tentatives que je respecte.
En fait ça veut dire quoi un trackback?

Le proprio 09/01/2007 19:32

c'est mon coté "soufi" qui ressort parfois ^^
Pour ce qui est des "trackbacks" c'est un trucs de bloggueurs, en gros : le trackback permet de "relier" les billets qui traitent de sujets similaires. Si tu veux en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trackback