[Aung San Suu Kyi] - La peur

Publié le par L'éLément N

29250 124568357571215 100000541546263 222979 3193048 n" Dans un système qui nie l’existence des droits fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Peur d’être emprisonné, peur d’être torturé, peur de la mort, peur de perdre ses amis, sa famille, ses biens ou ses moyens de substance, peur de la pauvreté, de l’isolement ou de l’échec. Une des formes les plus insidieuses de la peur est celle qui prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, insignifiants ou vains les petits actes quotidiens de courage qui aident à préserver le respect de soi et la dignité humaine. Il n’est pas facile à un peuple conditionné par la peur et soumis à la loi de fer du principe selon lequel le plus fort a toujours raison de se libérer des miasmes débilitants de la peur. Et pourtant, même sous la machinerie d’Etat la plus écrasante, le courage resurgit encore et toujours, car la peur n’est en rien l’état naturel de l’homme civilisé.

Le courage et l’endurance face à un pouvoir illimité découlent en général d’une ferme conviction dans les principes sacrés de la morale, associée à un sens de l’histoire qui veut que, en dépit de toutes les régressions, la condition humaine est vouée à progresser à la fois sur les plans spirituel et matériel. C’est sa capacité à s’améliorer et à se racheter qui distingue essentiellement l’être humain de la simple brute. A l’origine de la responsabilité humaine se trouve l’idée de perfection, la nécessité d’y parvenir, l’intelligence pour trouver un chemin vers celle-ci, ainsi que la volonté de suivre ce chemin, et, sinon jusqu’au bout, au moins d’en parcourir la distance nécessaire pour dépasser les limites individuelles et les obstacles qui se présentent. C’est la vision du monde convenant à une humanité civilisée rationnelle qui pousse l’être humain à oser et à souffrir en vue de construire des sociétés libérées du besoin et de la peur. Les concepts de vérité, de justice et de compassion ne peuvent être rejetés comme rebattus quand ils sont souvent les seuls remparts qui se dressent contre un pouvoir impitoyable.

Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime."


Une révolution des consciences - Aung San Suu Kyi ]

Publié dans Entre guillemets

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oniromane 19/04/2011 19:08



Je confirme sans aucun remord...



Kikouloule 10/04/2011 23:50



Tes derniers articles sont d'un ennuyeux mec...