Histoire de plume

Publié le par L'éLément N

lettre.jpgEn allumant la boite à tube cathodique hier je suis tombé sur une emission culturelle où il était question de flater les "nouvelles plumes" marocaines. Ces talents de chez nous qui ont du "style". ça m'a d'abord interessé et puis très rapidement revolté de voir pareille insulte à l'intellect lorsqu'il a été question des thèmes que ces champions de la plume abordaient : aucun projet de société ou revendication sociale, aucune critique construite, que des oeuvres lyriques. Avant on était écrivain parce qu'on écrivait des choses interessantes, de nos jour on écrit - forcement - des choses interessantes puisqu'on est écrivain !

A ces pseudo-ecrivains érigés en prodiges j'aimerai rappeler que Balzac n'avait pas de style, parce que son but était l'universel, ça ne l'a pas empêché de devenir une réference de la litterature française. Tout simplement parce que le style n'a de valeur que s'il est à la recherche du mot juste pour mieux exprimer le réel et de la precision pour mieux servir la verité ou demasquer le faux.
Le combat pour la forme, auquel nous pousse la société de vitrines, a fini par toucher l'écriture : le style pour le style avec la sclérose du fond et la sterilité du contenu. En fait, nos écrivains en herbes ont tellement peu de choses à nous apprendre que, pour cacher ce vide, sont obligés d'avoir recours à tous types d'acrobaties syntaxiques dans un  véritable cirque de metaphores et de tournures : des romans et des parutions où il faut multiplier impérativement le nombre de feuilles, comme aux toilettes, sinon les doigts passent à travers et on sent que c'est du caca.

Non pas qu'il faut négliger le style, mais utiliser la forme au service du fond pour que le style ne soit plus, comme aujourd'hui, la simple expression d'une nevrose qui n'interesse - en dehors du spychanalyste - que le lecteur atteint de la même pathologie. Lecteur qui n'est plus en quête du sens, du vrai, du beau et du juste mais plutôt à la recherche d'une complicité narcissique dans ses lectures, qui le reconforte dans ce qu'il est et flate son ego aliéné de consommateur individualiste jouisseur, inculte rockeur, fumeur de shit frustré, méchant et hytérique, produit de la société marchande.

Cette écriture de complaisance, qui anesthésie tellement elle caresse dans le sens du poil, a rapidement remplacé l'écriture de conscience qui réveille et qui a fait la révolution française. En délaissant le sens et l'engagement pour miser sur la forme, elle s'est condamnée elle-même au même destin que ses predecesseurs qui ont rejoint les rangs du showbiz avant elle: le clip et la pub qui, ne reflètant en fait que le manque de contenu, sont sujet à très vite se démoder entre les mains consumeristes de cette jeunesse qui se lasse de plus en plus vite et qu'un brin de serieux ou de routine rebute.

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tiffany 06/05/2010 09:51



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Pluto DINGO 18/02/2010 19:54


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sarah 17/02/2010 23:34


vous savez, il n'y a pas que l'écriture qui souffre chez nous, il y a surtout l'éducation et la santé qui agonisent, et le citoyen avec. en effet, l'écriture ou l'écrivain sont sensés relater la
vérité de la société, celle que les politiciens dissimulent, et celle que le citoyen ne voit pas ou n'ose divulguer. le capital humain, économique et même la bonne volonté sont là, mais nous vivons
dans notre société une sorte d'hypnose ou d'absentéisme qui paralysent nos pensées et même nos plumes. je veux juste dire que ces jeunes gens n'y sont pour rien, c'est la société qui leur impose
ses lois, leur erreur réside dans le fait d'accepter ces lois. il suffit parfois de dire "NON".
j'espère que ces plumes soient juste en couveuse, et que l'"Histoire de plume" se termine un jour comme l'histoire du "vilain petit canard". gardons espoir!!!