L'animal qui s'ennuie

Publié le par L'éLément N

kery.jpgBonsoir,

Qu'est ce que l'Homme ?

C'est un animal qui cherche. parce qu'il a une raison qui le questionne et des manques qui le harcelent.  il cherche la perfection, ou du moins à s'en rapprocher car il ne pourra jamais l'atteindre, et il le sait.

 

Frustré donc de par sa nature, condamné à l'imperfection, l'Homme est ainsi un animal qui souffre de ne pas être Dieu. En d'autres termes, un animal qui s'ennuie. Il n'est pas un animal, parce que la bête n'a pas l'esprit, elle vit dans le momentané, l'instant présent, et ne peut donc pas s'ennuyer. Et il n'est pas Dieu parce que ce dernier n'a pas de manques. Il n'est donc ni animal ni Dieu, il est entre les deux.

Pour lutter contre l'ennui, il doit combattre sa nature et n'a que deux solutions : la bestialité ou la divinité. Les deux lui sont innacessibles dans l'absolu car il ne peut ni nier sa raison ni combler ses manques de façon radicale. Il va alors tendre vers l'une ou l'autre pour passer soit au-dessous soit au-dessus de l'angoisse du temps, qui définie sa nature. Au-dessous : il devra s'abaisser; au-dessus : il devra s'elever. Dans un cas, il rampe et se salie; dans l'autre, le risque est qu'il retombe. 

Celui qui tendra vers la bestialité recherchera la sérénité dans la plénitude materielle : nourriture, vêtements, sexe et gadgets (portables, accessoires..); assommera sa conscience par tout type de drogues (alcool, canabis, psychotropes..) et comblera son vide interieur par le bruit et le mouvement : boites de nuit, vitesse, voyages.. Celui qui tendra vers la divinité recherchera plutôt la sérénité dans l'epanouissement intellectuel : il reflechit, se cultive, analyse, agit, construit, fabrique, inove.. Le premier imite la bête et pour s'oublier, il consomme. Le deuxième imite Dieu et pour se surpasser, il crée. l'un est dans l'agitation l'autre dans l'action. Le but, dans les deux cas, est de vaincre l'ennui.

L'Homme a le choix entre la sérénité de la bête et celle du vertueux. Pour l'atteindre il devra soit faire l'imbécile soit jouer au sage. Nul équilibre n'est possible, l'équilibre est le retour à sa nature : l'ennui. Il peut osciller d'une extrême à l'autre, avec des degrés et des amplitudes variées, mais à la fin il se retrouvera obligatoirement d'un coté ou de l'autre. Chacun, libre, tendra vers ce qui pense le définir le mieux.

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