La catastrophe qui n'avait rien de naturelle

Publié le par L'éLément N

141079Le mardi 12 janvier 2010, la terre a tremblé à Haïti. Il a suffit de quelques secondes pour que la capitale Port-au-Prince, bidonville tentaculaire regroupant plus de 3 millions d’habitants, s’écroule comme un château de cartes sous les décombres.

Avant de s’en prendre à Dieu ou à la Nature, et au-delà de la force du matraquage médiatique, un effort de compréhension est nécessaire. Parce que comprendre, c’est déjà découvrir que nous savons peu de choses, humilité indispensable pour envisager, peut être, de changer l’avenir.

Vous êtes-vous jamais posé la question pourquoi le japon, secoué annuellement par des milliers d’ondes sismiques - parfois même de plus grande amplitude, n’a jamais connu pareil carnage ? Tout simplement parce que le pays nippon est équipé en infrastructures antisismiques adéquates. Et pourquoi Haïti ne l’a jamais été alors qu’elle est une zone sismique connue ? Ceux qui prétendent que cette secousse était d’une amplitude et d’une violence exceptionnelle et imprévisible sont des menteurs, parce que plusieurs sismologues se prononcent depuis plusieurs décennies sur le risque imminent de séisme à Port-au-Prince, le dernier en liste est Patrick Charles, en septembre 2008, qui avait prévu le désastre :  « Toutes les conditions sont réunies pour qu’un séisme majeur se produise à Port-au-Prince. Les habitants de la capitale haïtienne doivent se préparer à ce scénario qui finira, tôt ou tard, par arriver. C’est une évidence scientifique ».

Face à cette « évidence scientifique », déjà prononcée par une équipe Texane lors de la 18ème conférence géologique des Caraïbes tenue à Santo Domingo en République Dominicaine, aucun des pays qui versent des larmes de crocodile aujourd’hui et appelant à la « solidarité internationale » n’a pris la moindre mesure préventive pour éviter ce drame prévu. C'est cette aide-ci dont Haïti avait réellement besoin. Les habitations dans cette île sont tellement fragiles qu’ils n’ont même pas besoin d’un séisme pour s’effondrer : 90 enfants ensevelis en 2008 sous les ruines d’une école de Petionville (banlieue de Port-au-Prince) écroulée sans aucune raison géologique.

Si le séisme a été si destructeur et meurtrier, c’est d’abord parce que Haïti est l’un des pays les plus pauvres de la planète où 75% des habitants survivent avec moins de 2 dollars/jour et 56% avec moins d’1 dollar. En plus de la faim, la population vit sous la terreur orchestrée par des bandes armées rivales qui s’affrontent pour la conquête du pouvoir. L'état de délabrement et le degré de misère qui y sévit, accentués par le désordre, la corruption et le chaos politique, ont précipité et amplifié la catastrophe. Les pilleurs apparus le lendemain du séisme ne sont pas de simples sans-cœur profitant du drame pour voler tout ce qu’il leur est accessible, ils ne sont que les dignes produits locaux du régime imposé par le néo-impérialisme occidental.

En effet, si Haïti est aujourd’hui si pauvre alors qu’il y a un siècle elle assurait sa propre sécurité alimentaire, si les infrastructures sont absentes, si sa population est poussée à la violence pour faire face à la misère; c’est que depuis plusieurs décennies les bourgeoisies américaine, française et espagnole se disputent le contrôle de cette petite île via la corruption de la bourgeoisie locale afin de faciliter les pillages en masse des ressources naturelles, la déforestation incontrôlée et la signature d’accords de libres échanges économiques qui profitent principalement aux pays du Nord.
 
Ainsi, les faits tragiques récents à Hispaniola n’ont rien à voir avec la fatalité. Dans ce contexte de chaos et de barbarie au quotidien, le tremblement naturel ne pouvait que se transformer en catastrophe sociale.

Voilà pourquoi je trouve le cirque médiatique autour de la « solidarité internationale » insupportable et répugnant : Cette noble communauté internationale que l'on voit aujourd'hui se bousculer pour apporter son aide aux Haïtiens est en grande partie responsable de leur misère quotidienne. Ce sont les voleurs qui viennent au secours des dépouillés, les assassins qui consolent les victimes. Ces pompiers pyromanes profitent de la mort de milliers d'innocents pour donner un visage humain et compatissant à leurs pays respectifs devant les écrans du monde. Tous ces hommes politiques qui se disent attristés par la catastrophe "naturelle", versant toutes les larmes de leur corps à la mémoire des sinistrés, précisant que leur pays participera activement à l'aide humanitaire sur place sans oublier de lancer un appel au don pour les âmes charitables. La masse populaire, biaisée mais généreuse, répondra comme à chaque fois présente et montrera que son cœur bat pour l'humanité entière et que sa solidarité ne connait pas de frontières.

Les médias, pour couvrir le système, insisteront sur les dégâts du séisme dus à sa violente amplitude, pour laisser entendre que la nature est le seul et unique responsable du massacre, avant de l'exposer à la vindicte populaire qui elle incriminera Dieu Le Créateur, qui a laissé faire. Une focalisation simpliste pour éviter que les petites gens aillent chercher plus loin. Mais en réalité ce drame est un assassinat.

Bref, la terre est devenue trop petite pour la méchanceté des hommes. Mon cœur aussi. Ce monde n’est plus le mien. Son capitalisme qui exploite et affame jusqu’à la mort pour le profit, m’écœure. La vie humaine n’a plus aucune valeur en dehors de ce qu’elle peut produire ou consommer. C’est cette vérité là, indigeste, qui éclate de cet abominable carnage déguisé. Avec, pour faire passer la pilule, le sourire de Carla Bruni à l'aéroport accueillant ces nouveaux orphelins Haïtiens, adoptés par les bourreaux de leurs parents.

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penis size 29/01/2010 20:44


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