Nayda !

Publié le par L'éLément N

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« Avant d'éblouir le peuple en lui promettant de l'eau chaude, il faut lui fournir des récipients pour la recueillir ».

[Alphonse Allais – Le captain Cap]

 

 

Tu peux critiquer comme tu veux mais le Maroc bouge, le Maroc avance ! Lentement certes mais nous sommes sur la bonne voie ! Soyons patients et accompagnons le changement ! Ce que nous avons comme libertés aujourd’hui est énorme par rapport à ce qu’il y avait à l’époque de nos parents. Nous assistons à un renouveau de la scène culturelle marocaine exactement comme en Espagne après la mort du General Franco avec le mouvement « Nayda » (Réveil) !

Nayda ? (lol). C’est vrai qu’il s’agit d’un mouvement culturel moderniste mais tu ne peux pas le comparer à la Movida espagnole; mouvement touchant tous les domaines culturels et qui, pour réussir la métamorphose de la société et son entrée dans la modernité, a été accompagné par des reformes politiques radicales : instauration d’une démocratie, développement économique équitable, lutte contre les disparités sociales.. Alors que Nayda est un mouvement festif plus que culturel et qui ne touche que la musique – dévastée par une avalanche de jeunes principalement issus de l’échec scolaire reconvertis en artistes, et le cinéma - encore à son adolescence vu que la sexualité semble son principal centre d’intérêt. A l’exception de certains rappeurs - dénonciateurs, la grande majorité de nos « artistes » n’ont aucun projet si ce n’est faire fortune et transgresser les interdits moraux d’une société (officiellement) conservatrice.  D’autant plus qu’il n’est accompagné d’aucune réforme politique sérieuse, si ce n’est la liberté d’expression offerte à des minorités amatrices de cultures jugées jusque là « étrangères » : Rap, Metal, Trance.. Liberté qui n’est qu’une poudre aux yeux  vu que la liberté essentielle autour de laquelle s’organise toute démocratie est l’esprit critique vis-à-vis du Pouvoir. Liberté hélas interdite par la Constitution.

Il s’agit donc plus d’une mouvance qui reste minoritaire, d’une jeunesse qui réclame le droit d’être entendue, qui cherche à s’affirmer en se démarquant, tellement elle est en manque de perspectives sérieuses quant à l’avenir, au sein d’une société tellement étouffée qu’elle devient elle même étouffante. Le public de cette mouvance n’est pas plus prometteur: des jeunes qui ne cherchent plus qu’à « s’éclater » - avec l’argent de papa; autant les nantis occidentalisés que les couches moyennes.

De ce fait effectivement le Maroc bouge, mais hélas il n’avance pas : il s’agite, se dandine et se déhanche à l’instar  de ses clubbers, qui ne sont que la version modernisée et occidentalisée de nos vieilles chikhates. Rien de vraiment séduisant.

Donc au Maroc ma Nayda ghi l7erigua (plante sauvage prurigineuse dont je ne connais pas le nom français!)

 

Non je ne suis pas d’accord ! Le Maroc est différent : Il se développe c’est un fait ! Ce qui a été fait durant les dix dernières années au Maroc n’a pas été réalisé lors des 38 ans du règne de Hassan II. Des centaines de milliers d’emplois ont vu le jour au Maroc, au profit de la population pauvre avant toute chose, des projets pharaoniques sont entrain d’être mis en place. Arrêtons de dramatiser les choses !!! Ce n’est ni le cas de l’Egypte ni de la Tunisie, et encore moins de l’Algérie. Ne donnons pas aux ennemis de la Nation l’opportunité de nous voir perdre notre stabilité tellement convoitée dans la région.

Tu fais beaucoup de raccourcis dangereux et tu confonds croissance et développement. Le dernier rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a classé le Maroc 130eme sur 182 pays en matière de développement humain ! Le Maroc est classé derrière le Botswana, le Kenya, la Namibie, l’Ouganda et même la Palestine (110eme) ! L’Algérie, l’Egypte et la Tunisie sont bien devant. Sur le versant économique, Il existe une croissance, personne ne peut le nier. Alors que sur le versant politique par contre, on ne peut que noter un recul horrifiant. Pour mieux comprendre la crise marocaine, Il faut explorer tous les détails du paysage économico-politique et ne pas se contenter de la carte postale que le Makhzen essaye de vendre aux philanthropes blondinets en shorts, sandales et appareil photo, proclamés mécènes de notre économie.

 

Dans le secteur économique, le Maroc de la dernière décennie a décidé de miser sur l’investissement étranger pour résoudre ses problèmes internes (chômage, pauvreté, épargne intérieure insuffisante, incapacité d’acquisition des dernières technologies..) et cela en misant sur la stabilité de son cadre macroéconomique (taux de change stable, maitrise de l’inflation, main d’œuvre bon marché) et, il faut l’avouer, cela lui a permit de réaliser des taux de croissance historiques. Cependant, la Tunisie qui a déjà emprunté cette voie bien avant le Maroc, a fini par être rattrapée par la crise car l’économie du pays dépendait considérablement du marché européen et de ses fluctuations, comme c’est le cas du Maroc actuellement (fermeture d’usines de textile,  licenciements, ..).

 

Pourquoi ? Pour la simple raison que miser sur les investissements étrangers, et sur le tourisme en particulier, revient à jouer à la roulette russe. Il s’agit d’un secteur extrêmement vulnérable car dépend d’une demande extérieure sur laquelle il est très difficile d’avoir prise et sur une offre qui dépend de plusieurs branches d’activités qui n’ont pas les qualités de la concurrence. D’autant plus que la situation géographique du Royaume ne l’aide pas : la méditerranée est la première destination touristique mondiale et ce ne sont pas les concurrents locorégionaux qui manquent (Espagne, cote d’azur, Italie, Grèce, Turquie, Liban, Egypte, Tunisie). Sans oublier qu’il suffit d’un attentat terroriste pour perdre la majorité de ses clients au profit du voisin et devoir tout reprendre à zéro !

Ajoutons à cela que le peuple ne profite pas des retombées de cette politique: parce que d’une part les investisseurs étrangers rapatrient leurs bénéfices et d’autre part les richesses produites localement ne font la prospérité que d’une petite élite, l’oligarchie au pouvoir (et ses proches privilégiés) qui flirte incestueusement avec le monde des affaires (propriétaires de holdings, promoteurs immobilier..).

La création de salaires ne concerne principalement que les petits métiers (gardiens de voitures, guides, portiers, barmans, hôtesses d’accueil, femmes de ménage, centre d’appels..) alors que la jeunesse universitaire diplômée souffre de marginalisation politique vu  que les secteurs primordiaux de l’éducation et la santé sont désertés.  Cette démission est à l’origine de la fuite des cerveaux marocains vers l’étranger.

La grande majorité, sans ressources, ne profitant pas des retombées de l’économie, créé une économie alternative "slak": développement des réseaux de prostitution et commerce de drogues qui élargissent l’attrait touristique du Royaume (voilà pourquoi il n’y a aucune politique sérieuse qui vise à les combattre), corruption, piratage, vendeurs ambulants..

Ensuite il faut savoir que lorsqu’on mise sur le tourisme, on créé de disparités socio-économiques entre les régions du pays : des régions jugées d’attrait par les experts connaitront la mise en place de toutes les infrastructures permettant une vie moderne, pendant que d’autres - moins attrayantes – ne bénéficieront d’aucun investissement (« Al Maghreb al ghayr nafi3 / Le Maroc inutile » de Hassan II). Cela a pour conséquence d’accentuer l’exode rural et même l’immigration des petites villes marginalisées vers les grandes métropoles dans l’espoir de profiter de tous les services qui y sont offerts. Hélas ces flux migratoires souffrant de manque de qualification, se retrouvent à faire des petits métiers et sont obligés de s’organiser en bidonvilles pour devenir une classe sociale envieuse, car alléchée par le niveau de vie bourgeois, et en colère car elle n’a pas les moyens d’y parvenir. Cette couche sociale sera le berceau de la criminalité, en hausse vertigineuse ces dernières années.

Par ailleurs, ces zones d’attraits proposant des produits de qualité internationale, sont responsables de l’augmentation des prix (immobilier, restauration, textile, loisirs..) dans les grandes métropoles. La classe moyenne, créé par le libéralisme économique de Hassan II (en donnant à chacun l’opportunité de créer sa propre affaire),  n’a désormais plus le choix pour se maintenir que de s’endetter, vivant dorénavant au dessus de ses moyens. Sinon elle devra s’éloigner des métropoles où la vie est moins chère mais où il n’existe pratiquement aucune infrastructure décente (établissements scolaires pour les enfants, accès aux soins..).

 

La politique étrangère du Maroc est encore plus désastreuse car elle nous coûte cher, vu qu’elle ne se préoccupe que de récolter des voix pour la marocanité du Sahara. Dans cette optique, le Maroc a signé des accords de libres échanges avec les Etats-Unis, mais qui ne profitent qu’aux produits américains. ces derniers trouvent dans le marché marocain un débouché de plus à leur surproduction. Le produit marocain quant à lui, non compétitif, ne trouve pas sa place sur le marché américain ou même ses homologues allemands et français ont du mal à se faire une place ! Le produit national n’est pas dévalorisé qu’à l’étranger mais aussi sur le marché local à cause de l’afflux des multinationales, ce qui décourage la bourgeoisie, propriétaire des moyens de production. Cette dernière préfère devenir actionnaire dans les grosses boites qui viennent investir plutôt que de risquer la mise sur le marché d’un produit national, destiné à être d’office un second choix et devoir en plus payer un nombre incalculables de taxes (qui permettent de payer l’armada de ministres au gouvernement). Ceci a pour conséquence la fermeture d’usines et des licenciements en masse. Les seuls produits locaux qui se maintiennent appartiennent à l’ONA, holding de la famille royale. A coté de americains, il y a evidemment les français qui, faute de pouvoir nous vendre leurs Rafales (vu que le Maroc a déja acheté des F-16 aux cow-boys) nous refourguent le TGV pour 20 milliards de dirhams. Le marché a été attribué à Alstom et la SNCF sans aucun appel d'offre et sans demander aux marocains s'ils étaient d'accord qu'on investisse leur argent et qu'on endette le pays pour qu'une infime minorité, capable de se payer un billet de TVG, puisse se rendre de Rabat à Tanger en 1h20 - sachant que c'est la seule destination proposée.

 

Réalises-tu dans quelle poudrière se trouve l’économie marocaine, loin de la propagande officielle de croissance inimaginable ?

 

Quant au champ politique, il ferait une excellente comédie mélodramatique qu’on pourrait appeler  « Il faut sauver lalla 7ekom ». Avec le Palais – scénariste, réalisateur et acteur principal; l’Entourage royal qui joue des rôles secondaires de voleurs en costard-cravate, le gouvernement dans le rôle de « Lalla 7ekom », le dindon de la farce, les parlementaires jouent le rôle de figurants pour donner une impression de pluralisme dans cette comédie qui ne plait plus à personne sauf aux touristes, qui eux nous sont présentés comme les sauveurs de notre économie, les Bruce Willis dans « Armageddon ». les Medias, dans le rôle de la machine à applaudir. Le peuple a le rôle de spectateur contraint d’assister à la projection, financée par l’argent de ses impôts. Les forces de l’ordre (police, armée..) sont employées comme instruments de répression à la porte du cinéma pour faire taire (ou disparaître) tout figurant ou spectateur qui pourrait penser qu’il mériterait un rôle plus valorisant.

C’est à cette farce que l’on nous demande de voter pour que le tournage puisse perdurer. Le public en a marre d’assister aux mêmes scènes, jouées par les mêmes têtes, dans le même paysage politique, mais s’y trouve forcé. La plupart souffre en silence, certains colmatent leurs plaie avec ce qu’ils trouvent, d’autres jouent le jeu des médias en espérant obtenir quelques miettes tombées de la table des maitres et la minorité qui se révolte finit à l’hôpital ou en prison.

 

Toutes ces variétés de mutisme, consentant ou forcé, collaborent pour donner la fameuse « stabilité », vantée par nos médias, et que nous envieraient les voisins. Notre stabilité est un somptueux mélange entre l’inertie d’un cadavre assassiné, la paralysie d’une camisole de force et l’autocensure des effarés. C’est cette stabilité que tu veux conserver ?

 

L’arrivée au pouvoir de sa Majesté Mohammed VI, que l’on nous a vendu comme un « tournant politique », un épisode bouleversant tout ce que l’on avait déjà vu auparavant au cours de cette comédie inter-minable, ne s’est avéré qu’un coup de bluff médiatique pour réaliser plus d’entrées. Les gouvernements de la dernière décennie ne sont toujours pas représentatifs du peuple. Le premier ministre est toujours privé de tout pouvoir si ce n’est de s’occuper du casting pour les postes ministériels, qui battent désormais tous les records olympiques : nous avons plus de ministres que la France et l’Espagne réunies ! Le parlement, encore mineur, n’a pas le droit de prendre des décisions de son propre chef puisque les lois sont des décrets royaux : la Chambre des représentants n’est qu’une suite royale. Les partis politiques, qui pullulent sur la scène politique nationale comme des champignons sauvages, sont plus une entrave à la démocratie que la manifestation de son pluralisme. D’ailleurs plus personne ne croit en leur crédibilité, depuis que Hassan II a nommé un gouvernement d’alternance. Les amis d’El Youssoufi n’ayant guère fait mieux que leurs prédécesseurs, certains ayant même rapidement retourné leur veste, ont perdu toute crédibilité politique aux yeux de l’électorat qui a compris que droite ou gauche, les politiciens sont tous des opportunistes de service, tout comme les technocrates.

 

Alors qu’on pensait que la barre était bien bas, le dernier gouvernement du Fassiste a quand même réussi à passer par.. dessous ! Transformant l’institution politique en entreprise familiale, poussant le népotisme qui ronge notre société jusqu’au sommet de sa pyramide. Les répressions, les persécutions, les poursuites et les censures envers la presse et les militants ont battu les records en 2009. Le processus démocratique vanté n’était qu’une vague dont on ne perçoit même plus l’écume. Une parenthèse fermée par le cadenas imposé aux libertés élémentaires.

 

Et comme nos décideurs politiques sont d’abord des hommes d’affaires, le Maroc n’est plus géré comme une Nation mais comme une entreprise : la politique n’est plus là pour trouver des solutions aux problèmes du peuple et veiller à son épanouissement, mais sert uniquement à protéger les intérêts d’une Oligarchie boulimique.

 

Ceci sans parler de ce qui se tramer dans les coulisses du Pouvoir avec la création du PAM, le parti de l’ami du Roi, qui risque de devenir le parti hégémonique après que tous les figurants, entre partis de droite et de gauche, aient reçu leur part du pactole.

 

Crois-tu encore à l’exception marocaine ? Sommes-nous réellement si différents de la Tunisie ? Le sacrifice de la démocratie sous couvert d’une croissance économique élitiste prônant un libéralisme qui n’offre de liberté que celle du renard dans la bassecour; la mainmise de l’oligarchie sur l’économie nationale; la marche vers un parti autocratique unique.. Sommes-nous réellement si différents de l’Egypte ? Une pauvreté accablante dans les petits patelins, un Pouvoir sourd préoccupé uniquement par l’extension de ses richesses et la politique extérieure pour redorer son blason ; une opposition éliminée de la scène politique; une jeunesse hautement diplômée au chômage..

 

Il y a des problèmes profonds au Maroc, ça personne ne peut le nier, mais pourquoi faut il suivre aveuglement ce qui s’est mis en marche dans le reste du monde arabe ? Ces jeunes qui veulent sortir manifester où étaient-ils avant ? ou alors on vient tout juste de découvrir qu’un changement est indispensable chez nous aussi et on veut le réaliser à leur manière ?! C’est le chaos assuré ! Sortir marcher dans les rues va-t-il changer quelque chose ?

En tant que médecin je te rappellerai volontiers tous les bienfaits de la marche, mais là n’est pas notre sujet.

Tu as tout à fait raison en insistant sur le fait que ces problèmes existent depuis bien longtemps, et que face à de telles discriminations le mutisme n’est jamais la bonne attitude. Mais je me permets tout de même de te rafraichir la mémoire : les militants marocains ont toujours existé. Beaucoup de braves gens y ont laissé leur vie, beaucoup ont été torturé pour s’être exprimé, beaucoup ont perdu les plus belles  années de leur vie en prison ou à l’exil parce qu’ils ont exigé des réformes. Je te laisse imaginer ce que cela fait d’être un homme respectable, qui ne manque de rien, droit, père de famille et se faire traiter comme un chien dans un commissariat pour avoir osé prendre la défense des plus démunis ou passer des années dans un trou à rats avec les pires malfrats de la société pour avoir osé être critique vis-à-vis des choix stratégiques du Pouvoir. Et les revendications des jeunes d’aujourd’hui, nous les devons à ces pionniers de la résistance.

Aussi, l’histoire du Maroc est meurtrie par le nombre incalculable de manifestations, quasi hebdomadaires, devant le Parlement à tel point que les banderoles des nos diplomés sans ressources font désormais partie du paysage de la capitale. Par ailleurs, il ne se passe pas un mois sans qu’une révolte éclate dans un petit patelin (Sidi Ifni, Séfrou..). La situation est loin d’être stable, elle est simplement maitrisée par les forces de l’ordre et très peu médiatisée car ne touche pas les grandes métropoles.

Ensuite, Il ne s’agit pas d’un effet papagayo, d’un simple mimétisme parce que comme nous l’avons vu la colère et les revendications locales sont là depuis longtemps, mais elles ont toujours du faire face à un régime qui n’hésite pas à employer la force pour les contraindre aux complaintes silencieuses. Ces révoltes dans des pays à la situation analogue comme la Tunisie et l’Egypte, où même le plus fin des experts politiques n’aurait imaginé un renversement de la sorte,  ont ouvert les yeux aux peuples : Ces régimes, qu’on croyait invincibles et insurmontables, se sont révélé être des tigres en papier ! la rue arabe a découvert qu’elle avait une voix et que cette voix pourrait déraciner les plus vieux chênes. La chute de Ben Ali était un mythe et le fait que le Caire soit tombé est la preuve que tout est possible ! Voilà ce que ces jeunes militants ont compris, que le rêve pouvait se réaliser, alors ils ont décidé d’explorer cette possibilité chez eux. Et c’est tout à leur honneur.

 

Mais l’heure n’est pas à l’exploration du possible ! Nous avons déjà 2 exemples devant nous : une manifestation dite pacifique en Tunisie et en Egypte a engendré meurtres, pillages, destruction et le chaos économique ! Ils leur faudra des années pour tout reconstruire et encore ! Un peuple civilisé sait se faire entendre par la plume !! Ne donnons par l’occasion aux chaines TV de faire de notre pays une distraction de plus ! Al Jazeera n’attend que ça pour se venger du Maroc !!

J’ai un peu de mal à te suivre.. C’est bien toi qui participait aux manif’ de soutien à la Révolution Tunisienne et Egyptienne et là tu leur reproche leur révolution ?! En quelque sorte, de votre confort égoïste, vous les avez poussés au chaos que vous ne voulez pas chez vous !

Sinon, l’heure est toujours à l’exploration. Seuls ceux qui se risquent à aller trop loin sauront jusqu’où il est possible d’aller. Et puis par pitié, il faut arrêter avec ces « ach gha ygoulou 3lina nass » et cette victimisation qui aimerait nous faire croire que Al Jazeera, Le Polisario, l’Espagne, l’Algérie et l’Iran (et les extra-terrestres) sont les responsables de tous nos maux et qu’ils sont derrière toute revendication légitime d’un peuple terrassé par son Oligarchie.  Que Al Jazeera filme, que El Pais écrive, que les chiites et les algériens dansent, la dignité et le niveau de vie du marocain m'importent plus que la forme qu'aura la carte postale du Maroc si le royaume se démocratise.

  

Ce n’est pas ça, je prends juste en considération le climat spécifique à chaque pays ! La révolution chez eux avait l'assistance de certains politiques, chez nous ce mouvement de jeunes inconscients n’a aucun soutien politique qui permettrait qu’il ne dérape pas ! Même les partis de l’opposition ne le soutiennent pas !! Tout simplement parce qu’il n’est pas crédible politiquement parlant ! Ces jeunes qui veulent la démocratie où étaient-ils quand leur devoir de citoyens les appelait à voter ? Ils n’avaient qu’à faire monter l’opposition au Pouvoir et les changements tant convoités se seraient réalisés de la manière la plus pacifiste et démocratique qu’il soit !

L’opposition ? (lol2). Tu fais probablement référence au PJD et les déclarations anti-20 février de Benkirane.

Mais il n’existe plus d’opposition au Maroc très cher depuis la mort de Hassan II. Depuis que ce dernier a décrédibilisé la gauche de El Youssoufi, les marocains ont perdu toute confiance en leurs représentants politiques. La déception était grande, l’opposition ne pouvait plus être crédible désormais. Et depuis la gauche comme la droite ne sont que les versants d’une même monnaie dont le peuple ne veut plus faire usage, mais qui continue quand même d’être frappée. Même la jeunesse militante, déçue par la prestation de la seule opposition qui méritait ce nom, ne pouvait plus avoir foi en un parti politique. Le peuple s’est alors résilié à croire que nul projet n’est désormais valable pour le Maroc que le projet de l’Etat où la Gauche et la Droite jouent le jeu, s’échangent les rôles et les portefeuilles.

Finie la Gauche qui a forcé la main à Hassan II himself pour réviser la Constitution à plusieurs reprises. Elle fait désormais partie du jeu politique et  n’a désormais d’espérance qu’être invitée à son tour à la table du Pouvoir pour avoir sa part du gâteau. Alors n’attend pas d’elle qu’elle soutienne un mouvement qui vise à en finir avec cette structure corrompue et gangrenée.

Il faut savoir quelle est la main qui te nourri pour connaitre ton degré de liberté. Et là toutes les spéculations et les rumeurs se confirment. Le peuple sait désormais à quelle mamelle le PJD s’abreuve. Il est difficile de séparer la bonne graine de l’ivraie en période d’accalmie parce que tout le monde peut brandir des banderoles et répéter des slogans ; mais quand le risque est gros et que le ton monte, les opportunistes et les lâches trahissent et se défilent. Bon débarras !

C’est pour ces brigands que tu veux qu’on vote ? Voter au Maroc revient à choisir entre tous ces scélérats lequel va manger du gâteau pendant 5 ans.

.. Bref, je trouve que celà donne une sacrée envie de marcher !

 

Vas-y ! Moi en tout cas ainsi que la grande majorité des marocains, le 20 février on fera la grasse matinée ! 

C’est votre droit le plus légitime, même si je sais que vous partagez les mêmes ambitions que vos concitoyens qui seront dehors.  N’oubliez pas cependant de rêver d’un Maroc meilleur, un pays où règnera la Liberté, la Justice et la Dignité. Mais je vous rassure, vous ne dormirez pas beaucoup; vous serez réveillés par le bruit que feront ceux qui le réalise.

 

Vivement demain, pour qu’aujourd’hui s’appelle hier..





... à suivre, ou pas.

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Satine 27/02/2011 22:35



Nowbi : Tu fais trop de racourcis, des "par conséquent", tu tires des conséquences directes d'enchainement qui ne sont pas à 100% vraies"


PS : Pour info l'ONA n'existe plus, elle a été liquidé au profit de sa maison maire SNI et bientôt cédera ces principales filiales (centrale laitière, Lessieur...etc) à se qu'on dit!



Zineb 25/02/2011 01:10



ça fait longtemps que ça n'a pas été le cas...je suis du même avis.


sais-tu que le budget annuel (z3ma men jyoub lbachar, lmal l3amm) des palais et des salaires de la famille royale etc etc, et qui n'est d'ailleurs jamais débattu ni contesté par qui que
ce soit ni dans le parlement ni dans la chambre des représentants, est a peine un peu moins que la moitié du budget alloué à la santé annuellement?


ze3ma les revenus dial dak ssekht m3a lghdeb dial l'ona ou l7outa lli kber lli waklaha, ou l7outa lkbira nnite lli waklahoum bjouj, ma9addinch...


 



MarocainLibre 24/02/2011 18:58



sympa! Je te trouve tres critique. Et c'est ce genre de discours que j'aime lire. Un analyse construite. 


En l'attente d'une vision du Maroc de Demain..Je te souhaite bon courage pour la suite. tu devrais créer un parti politique. Peut-etre serai tu la parfaite opposition dont le Maroc a besoin et
que tu pourra faire basculer les choses. Au cas ou ca t'interesse, j'espere que tu ne rentrera pas dans le jeu politique d'hier et d'aujourd'hui mais que tu saura sortir un jeu créatif et plein
de claire-voyance.


Un message de ma part: 


Think Globally, Act Locally!



Ahmed 24/02/2011 03:07



Bravo Nawfel, bonne lecture du Maroc d'hier et d'aujourd'hui.


C'est un plaisir de te lire.



Hanaa 23/02/2011 01:57



Les 3 derneirs articles sont excellents! quoique fastidieux mais sa vaut le coup. Continue a nous eclairer par tes pertinentes analyses convaincantes qui font appel a la raison de chaque
marocain.


Je m'attend a lire,dans la suite, une projection dans le futur du Maroc.Quels projets et visions sciaux-politiques necessaires pour une reelle emergence ?