Oui, toi !

Bonsoir,
j'avais envie d'écrire quelque chose ce soir, pour toi. Oui, toi. Toi qui lit ces quelques lignes.
Toi qui a oublié.
Normal, tu es tellement occupé. Occupé à paraitre meilleur, et oublier de l'être. A courir derrière le bonheur, à en oublier d'être heureux. là, simplement.
Toi, qui impose avec brutalité tes certitudes pour oublier l'angoisse de tes doutes.
Toi, qui cherches plus de sécurité et moins de responsabilités, alors depuis tu te contentes d'exister au lieu de vivre.
Toi, oui toi. Toi, pour qui l'echec de tes ennemis est devenu plus important que tes propres réussites.
Toi, qui dépense autant d'argent pour essayer d'oublier que tu n'es pas riche. Pauvre, en manque de tout : d'amour, des autres, de toi.
Toi, qui ne te prend pas trop la tête à essayer de comprendre les autres, alors tu etiquettes tout le monde. Tu prends des racourcis, pour eliminer tous ces détails embarrassants.
Toi, qui t'es pris aux jeux de la Vie, au point de croire que tout tourne autour de toi. Eternel adolescent qui pense que tout lui est du. à qui le jeu lui a tout fait oublier, y compris le fait qu'il n'a ni le temps ni les moyens de jouer.
Toi, qui refuse de faire l'aumone, ne serait ce que d'un sourire.
Toi, qui a pour chaque problème une solution; inconscient qu'il y a pour chacune de ces solutions une centaine de problèmes.
Toi, qui ne sait plus qui il est; mais qui pretend toujours l'être.
Toi, que la Lumière attire et que les tentations retiennent.
Toi, qui pour se vanter de vivre dans l'air du temps, d'être dans le vent, s'est trahi. Tu peux te montrer satisfait, mais la vacuité de ton fond te rappelera, chaque fois que tu sera seul, à quel point tu es futile, sans attache et sans vie. Parce qu'être dans le vent, c'est le destin des feuilles mortes.
Toi, le brave, l'honnête qui n'a rien à cacher. Qui se confesse de plus en plus en public et de moins en moins devant Lui. pour qui la publicité est plus précieuse que le Pardon.
Oui, toi. Qui accueillera demain le Ramadan. Un mois pour se reconcilier avec Lui, les Hommes et soi-même. Je voulais écrire ces mots pour toi. Toi, qui écrit ces lignes.
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