[Histoires d'Amour] - Sept heures
Quelque part.
A un moment, pendant sept heures
Jamais je n'eus cru qu'un jour je découvrirai à l'Ecriture des limites. Jusqu'à ce jour. Moi qui pensait que les mots pouvaient peindre ce que même les sens ne pouvaient percevoir. Aujourd'hui j'ai fait l'experience de mon handicap. En sept heures.
Sept heures, assis, à oublier qu'il existe un monde qui vit, avec ses apparences étouffantes, son stress pressant, ses plannings exigeants.
Sept heures, assis, à découvrir comment la douceur pouvait s'être incarnée
Sept heures, assis, à plonger dans des yeux plutôt que de plonger dans des livres, à partager des souvenirs, des douleurs plutôt que de s'échanger des informations
Sept heures à ne presque rien faire; sinon d'être soi-même.
Lorsque j'avais décidé de me mettre à l'Ecriture, c'est bien pour essayer de rendre la vie plus belle, ou plutôt moins laide dans le regard de mes lecteurs. J'ai alors toujours puisé mon inspiration dans la noirceur du quotidien. La douleur a toujours été la plus productive de mes muses, les zones d'ombre du paysage de la Vie guidaient mes écrits. J'ai toujours fonctionné ainsi. Je n'ai jamais appris quoi faire quand la vie - ma vie - s'éclaire. Comment faire pour mettre des mots sur une joie imprevue, qu'on n'attendait pas mais qui frappe à votre porte ? si intense dans sa simplicité. Comment faire pour écrire le bonheur inatendu d'un coeur soudainement allégé ? Les mots ne viennent pas. s'epuisent. Il ne peuvent suffir pour exprimer l'émotion procurée. Ecriture, j'ai atteind mes limites, apprend moi.
Apprend-moi comment faire pour décrire un regard qui pénètre aussi profondément les abîmes de l'être, alors que les mots s'arrêtent à la surface litteraire de notre perception ? Comment peut-on encore conjuguer des verbes lorsqu'une simple présence vous fait perdre la notion même de temps ? Comment peut-on figer, entre des virgules et des points, des traits de visage dont le simple mouvement vous donne le vertige ? Comment peut-on résumer dans des phrases, une histoire à laquelle on refuse d'envisager une fin ?
Les mots du Silence, retrouvent ici tout leur sens. Je suis tombé amoureux d'un visage dont on pourrait me faire oublier le nom, les traits, mais dont on ne réussira jamais à me faire oublier l'existence. Un visage d'Ange. Malak, portait bien son prénom.
Sept heures, pour prendre un café.
Sept heures... parait-il.