Maux d'un crayon
Bonjour,
Encore une nuit longue. hier. Seul dans le noir. La batterie de mon téléphone m'a laché. Je ne pourrai appeler personne. Coupé du monde. Tu m'as encore fait le coup.. Désolé de ne me retourner vers Toi que quand tu ne m'en laisses plus le choix. Mais je n'ai pas choisi d'être aussi fragile et d'avoir tant besoin des autres pour me rassurer. C'est Toi qui m'a créé ainsi. Ainsi soit-il. Je m'assume.. Je mens. Je me mens. Tu sais très bien que je n'ai jamais su.
D'ailleurs je ne sais toujours pas. Pourquoi ? pourquoi je cours. et derrière quoi. Je ne sais plus ce que j'ai fait, ou non. Ce que je dois faire. Ce qui m'attend. Si le corps dans lequel Tu m'as placé, mais qui n'arrive plus dernierement à si bien me contenir, est bel et bien le mien. Il est entrain de s'éteindre, et moi avec. La lourdeur de ma pensée m'insupporte. Avoir tellement mal à en oublier à quoi celà ressemble de ne pas avoir mal. Je ne vis plus, je subis le présent. J'attache bout à bout les événements, j'enchaine les performances, collectionne les reussites. sans goût. en sanglots. J'avais cru avoir laissé tout celà derrière moi. Ce soir je me rend compte qu'il n'en est rien. Les cassures, nettes. Les fractures, franches.. tout est là, dans le noir, sur ma rétine. Mon passé que j'avais écrasé se recompose, alors que je croyais avoir tout ranger dans un tiroir de ma mémoire et avoir délibérement perdu la clé.. Mais pourquoi le soleil ne se lève-t-il pas ?!!
Le silence me parle. L'air m'ettouffe. La vie me tue. Un cri jaillit de moi. non, ce n'est pas moi. ce cri horrible ne peut être humain. Ce n'est pas moi, non. Ce cri tellement aigu qu'il en devient inodible aux tympans. Toi Tu l'as entendu. Merci.. Tu me pardonnes ? Je n'en doute pas. Mais me pardonneront-ils ?
Je m'arrête là. Je ne veux plus m'excuser de vivre ! J'en ai marre de me refugier dans les mots. Mes maux, je veux désormais les partager. Mettre de l'ordre dans ma vie. encore. parce que je ressens le besoin d'être neuf. J'ai décidé de m'ouvrir. de demander de l'aide. à nouveau. de refaire confiance. Oui, à toi qui m'interdit d'être désolé. Ma force, j'aimerai la tirer de toi. Seras-tu là pour moi ? Fait le pour moi s'il te plait. parce que je te le demande, devant Lui. Je me vante d'être, encore et malgré tout, encore debout; même si mon coeur est à genou. Aimerais-tu l'aider à se relever ? Je ne te demande pas si tu voudrais. ou si tu allais le faire. je te demande si tu aimerai.
Jeune crayon qui ne trouve plus les mots, abimé par les maux du temps, cherche jeune gomme dynamique pour tout effacer et recommencer une nouvelle page.